Plusieurs artéfacts peuvent apparaître avec le TERS. La section suivante décrit les différentes sources de spectres TERS parasites 33.Une contamination par le carbone peut être produite par le chauffage de l'échantillon, l'adsorption de l'air ambiant sur la pointe elle-même ou la contamination directe de l'échantillon 34-35. Pour des temps d'acquisition longs et lorsqu'une telle contamination se produit, le signal Raman collecté se situe souvent en moyenne autour de deux larges bandes (bandes D et G) centrées respectivement autour de 1350 cm-1 et 1580 cm-1, qui peuvent être facilement reconnues. Néanmoins, ces larges signaux de fond n'obscurcissent pas nécessairement le spectre TERS du matériau d'intérêt, car celui-ci peut souvent être facilement identifié comme des bandes Raman nettes superposées aux larges signaux de fond. Cependant, si cette contamination conduit à des pics forts et nets qui ressemblent aux empreintes spectrales de de l'analyte, les pics provenant de la contamination de ceux du matériau analysé, il est beaucoup plus difficile de distinguer ces pics à partir des signaux de contamination. Pour vérifier si le spectre observé appartient à une substance parasite, il est possible, par exemple, de comparer soigneusement le motif spectral avec les données issues de la spectroscopie Raman conventionnelle ou du SERS, ou encore d’effectuer une mesure dépendante du temps, puisque les signaux de contamination ont souvent tendance à fluctuer.
Par ailleurs, les spectres TERS présentent souvent un signal de fond large qui n’est pas lié aux contaminations carbonées et dont l’origine n’est pas encore complètement comprise. L’explication la plus courante est qu’il s’agit d’une photoluminescence dépendante du plasmon, provenant de la surface métallique rugueuse (ou de l’intervalle entre la pointe et l’échantillon).36. Une contribution de fluorescence en champ lointain provenant de l’échantillon lui-même peut aussi se produire, et elle peut parfois être si intense qu’elle sature le détecteur du spectromètre Raman.
Une forte amplification est indispensable pour les mesures sur quelques molécules ou une seule molécule, mais les molécules adsorbées ne résistent souvent pas à de telles intensités de champ extrêmes ! Des intensités locales trop élevées peuvent devenir contre-productives. Pour éviter ce problème, il est recommandé d’utiliser une puissance incidente relativement faible (de l’ordre de quelques µW·cm-2 (ou bien un faisceau plus large ou un temps d’acquisition plus court, afin d’éviter la photodécoloration, les processus photochimiques, le réchauffement de l’échantillon, ou encore la désorption des molécules). Sous une illumination continue, ces effets peuvent conduire à la décomposition des molécules évaluées. Au cours de ce processus, les liaisons moléculaires se rompent et se reforment, ce qui explique le “clignotement” (blinking) des raies Raman. Ces fluctuations du spectre Raman — en nombre, en intensité et en position des bandes — peuvent être interprétées comme le résultat de réactions chimiques en cours, entraînant des modifications de la structure carbonée et de la nature des liaisons chimiques.35.
